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Le charmeur de mouettes
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Re: Le charmeur de mouettes

Notre Da Ibrahim enfin retrouvé
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Amazighement,Mohammed Hifad
Re: Le charmeur de mouettes
Bonjour
Cette dame a passé juste quelques mois en sa compagnie dans les années soixante et depuis je ne l'ai jamais plus vu avec une autre puisque nous habitions juste à côté à deb mesguina.Je pense qu'il faut aller chercher des informations du côté de ses frères qui ne l'ont jamais abandonné.Ils doivent savoir beaucoup de choses à son sujet et ce sera passionnant de les découvrir pour mieux cerner ce grand personnage.Son cas n'est certainement pas unique en ce qui concerne les injustices commises au nom de la résistance comme on a continué d'en commettre au nom du communisme et puis , la mode oblige ,au nom aujourd'hui du terrorisme .
Cette dame a passé juste quelques mois en sa compagnie dans les années soixante et depuis je ne l'ai jamais plus vu avec une autre puisque nous habitions juste à côté à deb mesguina.Je pense qu'il faut aller chercher des informations du côté de ses frères qui ne l'ont jamais abandonné.Ils doivent savoir beaucoup de choses à son sujet et ce sera passionnant de les découvrir pour mieux cerner ce grand personnage.Son cas n'est certainement pas unique en ce qui concerne les injustices commises au nom de la résistance comme on a continué d'en commettre au nom du communisme et puis , la mode oblige ,au nom aujourd'hui du terrorisme .
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Amazighement,Mohammed Hifad
souvenir,souvenir
bonjour Si Hifad,
On parle de la même personne et l' un des enfants de Si Ali(frère de Da Brahim)a repris le magasin,en optant pour autre chose.
Par contre ,je ne sais pas comment j' ai fait pour ne pas te voir à l'Ecole Omar ben Khattab qui englobait primaire,collège et CPR,un vrai casse-tête à l' époque mais c'était la " tactique " pour obliger le MEN à édifier les CPR.Si Ben Khaldoun,le Directeur est mort depuis un an.J' ai inspecté des personnes dans cette cacophonie mais Hifad était aux abonnés absents apparemment s'il ne m' a jamais aperçu dans les parages!...ça se fera peut-être à Foulouste?tiens!
J'étais dans la foule qui suivait les "libérateurs" au lendemain de l' Indépendance,tous les notables ont reçu leur visite"amicale" et repartaient,parait-il,wa Allahou aalam,....avec la caisse! j' étais trop jeune et puis la taguia de Da Brahim m' a détourné de la bravoure de ces gens impressionnants .Depuis,mine de rien,Sif Daoula m' a intrigué et je n' ai eu de cesse de me demander ce qui avait fait basculer la vie de ce monsieur au point d'adopter une vie d'ascète n'était-ce cette union qu'il avait.
Il serait vraiment intéressant de contacter cette personne( à moins qu'elle ne soit aussi partie),elle doit en savoir des choses sur l' énigmatique Da Brahim!et sur ces visiteurs si généreux en ...bastonnades.Ce serait le meilleur hommage à lui rendre que de le réhabiliter aux yeux des gens qui l' ont connu:à coup sûr c'était un phénomène,un dur,un brave.
Da Brahim n' a pas fini de nous étonner et de nous rire au nez de là-haut,,faute de ne pas l' avoir compris et d'être incapables de ...charmer les mouettes,pourtant omniprésentes.
On parle de la même personne et l' un des enfants de Si Ali(frère de Da Brahim)a repris le magasin,en optant pour autre chose.
Par contre ,je ne sais pas comment j' ai fait pour ne pas te voir à l'Ecole Omar ben Khattab qui englobait primaire,collège et CPR,un vrai casse-tête à l' époque mais c'était la " tactique " pour obliger le MEN à édifier les CPR.Si Ben Khaldoun,le Directeur est mort depuis un an.J' ai inspecté des personnes dans cette cacophonie mais Hifad était aux abonnés absents apparemment s'il ne m' a jamais aperçu dans les parages!...ça se fera peut-être à Foulouste?tiens!
J'étais dans la foule qui suivait les "libérateurs" au lendemain de l' Indépendance,tous les notables ont reçu leur visite"amicale" et repartaient,parait-il,wa Allahou aalam,....avec la caisse! j' étais trop jeune et puis la taguia de Da Brahim m' a détourné de la bravoure de ces gens impressionnants .Depuis,mine de rien,Sif Daoula m' a intrigué et je n' ai eu de cesse de me demander ce qui avait fait basculer la vie de ce monsieur au point d'adopter une vie d'ascète n'était-ce cette union qu'il avait.
Il serait vraiment intéressant de contacter cette personne( à moins qu'elle ne soit aussi partie),elle doit en savoir des choses sur l' énigmatique Da Brahim!et sur ces visiteurs si généreux en ...bastonnades.Ce serait le meilleur hommage à lui rendre que de le réhabiliter aux yeux des gens qui l' ont connu:à coup sûr c'était un phénomène,un dur,un brave.
Da Brahim n' a pas fini de nous étonner et de nous rire au nez de là-haut,,faute de ne pas l' avoir compris et d'être incapables de ...charmer les mouettes,pourtant omniprésentes.
Invité- Invité
Re: Le charmeur de mouettes
Si Amed bonjour
Le commerçant en question avait son magasin à l'époque à Talborjt , avant l'hôtel et avant de traverser la route pour aller au café Les Arcades au coin.J'ai habité à Talborjt pendant les deux années que j'ai passées à Agadir au Centre Pédagogique Régional (CPR), première promotion entre 1974/1976.On était à l'époque dans une école primaire à Ihchache puis dans une autre à Al Batoire avant sa construction à Inezgane après notre sortie.Il y a parmi ses tortionnaires des survivants .Ce sont des gens qui aiment pêcher en eau trouble.J'ai dans ma famille un témoin oculaire : il a été battu à mort à la tête devant la mosquée Ben Youssef d'El haddada.Cette injustice restera sur la conscience de ses tortionnaires , les responsables de leur parti ainsi que toute la population de la ville
Le commerçant en question avait son magasin à l'époque à Talborjt , avant l'hôtel et avant de traverser la route pour aller au café Les Arcades au coin.J'ai habité à Talborjt pendant les deux années que j'ai passées à Agadir au Centre Pédagogique Régional (CPR), première promotion entre 1974/1976.On était à l'époque dans une école primaire à Ihchache puis dans une autre à Al Batoire avant sa construction à Inezgane après notre sortie.Il y a parmi ses tortionnaires des survivants .Ce sont des gens qui aiment pêcher en eau trouble.J'ai dans ma famille un témoin oculaire : il a été battu à mort à la tête devant la mosquée Ben Youssef d'El haddada.Cette injustice restera sur la conscience de ses tortionnaires , les responsables de leur parti ainsi que toute la population de la ville
Dernière édition par Hifad le Jeu 14 Oct - 16:41, édité 1 fois
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Amazighement,Mohammed Hifad
Si Brahim Sif Daoula,
bonjour Si Hifad,
C'est exactement son frère Ali qui tient un magasin en Agadir,celui -là même qui était à Lhaddada avant "d'émigrer"dans leur Souss d'origine.
Da Brahim avait plusieurs facettes,dont celle de passer pour un "m'flippi" alorsqu'il était d'une grande lucidité malgré les apparences:faire sa gym,aimer les fleurs,vivre avec une hippie,avec quelles ressources?mais il faisait partie du "paysage" Souiri et il a laissé des traces ,il avait compris le "systême" et s'est retiré des affaires.
C'est exactement son frère Ali qui tient un magasin en Agadir,celui -là même qui était à Lhaddada avant "d'émigrer"dans leur Souss d'origine.
Da Brahim avait plusieurs facettes,dont celle de passer pour un "m'flippi" alorsqu'il était d'une grande lucidité malgré les apparences:faire sa gym,aimer les fleurs,vivre avec une hippie,avec quelles ressources?mais il faisait partie du "paysage" Souiri et il a laissé des traces ,il avait compris le "systême" et s'est retiré des affaires.
Invité- Invité
Re: Le charmeur de mouettes
Bonsoir à tous
J'ajouterai que j'ai vu un jour Da Ibrahim à Agadir , assis devant un grand magasin , Djellaba blanche neuve,un fez à la marocaine, des babouches jaunes neuves et en train de discuter normalement avec le propriétaire du magasin.J'étais très étonné par cette double personnalité de Da Ibrahim et la force exercée sur un individu par sa culture maternelle.Avec les siens , il redevient lui-même et se met sur ses gardes.Quant à son magasin à Mellah laqdim , son seul client jusqu'à sa mort , c'est le photographe Ali El Farme et la seule femme à y vivre avec lui un certain temps ,c'est une certaine Outa , doctoresse américaine ,dit-on , trouvant peut être en lui un cas particulier à étudier de près.Sa banque jusqu'à sa mort est la Wafa Bank d'el haddada , l'ancienne banque algérienne .Il ne s'est jamais séparé des fleurs et il va les chercher partout en ville , dans les jardins publics , les villas et dans la forêt près de Sidi Magdoul au printemps.Il les utilise pour décorer sa vitrine.Je pense que cet amour pour les fleurs lui vient de son enfance.Il aime aussi parfois jongler avec des pierres à la plage et se donner en spectacle.Le cri particulier qu'il émet lorsqu'il appelle les mouettes a une tonalité plutôt animale qu'humaine.Je me souviens d'un autre ami qui a fait sa descente aux enfers dans les années soixante et qui m'avait confessé un jour que lorsqu'il était malade , il discutait avec les mouettes près du fort portugais et ils se comprenaient bien.Un sixième sens ? Il y a aussi le témoignage de ce paysan qui a quitté la région d'Essaouira au début du siècle dernier lors de la famine en voyant son oncle dévorer le cadavre d'un être humain et lorsqu'il s'est approché de lui, son oncle a poussé un cri comme un fauve en se tournant vers lui la barbe rouge de sang.
J'ajouterai que j'ai vu un jour Da Ibrahim à Agadir , assis devant un grand magasin , Djellaba blanche neuve,un fez à la marocaine, des babouches jaunes neuves et en train de discuter normalement avec le propriétaire du magasin.J'étais très étonné par cette double personnalité de Da Ibrahim et la force exercée sur un individu par sa culture maternelle.Avec les siens , il redevient lui-même et se met sur ses gardes.Quant à son magasin à Mellah laqdim , son seul client jusqu'à sa mort , c'est le photographe Ali El Farme et la seule femme à y vivre avec lui un certain temps ,c'est une certaine Outa , doctoresse américaine ,dit-on , trouvant peut être en lui un cas particulier à étudier de près.Sa banque jusqu'à sa mort est la Wafa Bank d'el haddada , l'ancienne banque algérienne .Il ne s'est jamais séparé des fleurs et il va les chercher partout en ville , dans les jardins publics , les villas et dans la forêt près de Sidi Magdoul au printemps.Il les utilise pour décorer sa vitrine.Je pense que cet amour pour les fleurs lui vient de son enfance.Il aime aussi parfois jongler avec des pierres à la plage et se donner en spectacle.Le cri particulier qu'il émet lorsqu'il appelle les mouettes a une tonalité plutôt animale qu'humaine.Je me souviens d'un autre ami qui a fait sa descente aux enfers dans les années soixante et qui m'avait confessé un jour que lorsqu'il était malade , il discutait avec les mouettes près du fort portugais et ils se comprenaient bien.Un sixième sens ? Il y a aussi le témoignage de ce paysan qui a quitté la région d'Essaouira au début du siècle dernier lors de la famine en voyant son oncle dévorer le cadavre d'un être humain et lorsqu'il s'est approché de lui, son oncle a poussé un cri comme un fauve en se tournant vers lui la barbe rouge de sang.
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Amazighement,Mohammed Hifad
Re: Le charmeur de mouettes
bihich46 a écrit:bonsoir,
Je crois qu'il y a une petite confusion et il faut rendre à César ce qui lui appartient.Le premier individu à avoir approché ou charmé les mouettes n' est pas ce défunt monsieur mais bien un employé de cuisine de chez Hoisnard au restaurant de la plage,il évidait les poissons et allait chaque jour jeter leurs "boyaux" aux mouettes exactement face au Derbouz,c'était un rituel quotidien et les mouettes l' attendaient patiemment et dès qu'il déscendait les marches de devant le restaurant donnant sur la plage,c'était un carousel de mouettes qui lui tournaient autour et personne n'osait perturber ce cérémonial au point que c'était devenu un rendez-vous à ne pas manquer.Ce monsieur travaillait aussi au marché du poisson à Souk Leghzel aprés la mort de Hoisnard.Son remplaçant a parait-il continué d'en faire autant jusqu' à L'avènement de "Da Brahim" pour vous et Sif Daoula pour notre génération.Je le connaissais bien,il avait 3 autres frères,l' un a Souk Ouakka(juste avant la rue des bijoutiers)le deuxième,Ali, tenait un commerce entre Laattarines et les WC de jamaa Ben Youssef,le troisième,Abd était épicier au Mellah Lekdim(à côté du tabac à l' entrée de Derb Sandillon.Comme l' a souligné Hifad,Da Brahim a été dépossédé de ses économies et molesté dans son magasin de Lhaddada,j'ai même "hérité" de sa Taguia avec laquelle j'avais jonglé jusqu'au Derbouz pour la jeter à la mer, en toute insouciance(je ne cite pas ses tortionnaires,ça ne sert à rien de remuer...).Depuis ,il s'était enfermé dans son magasin d'abord,puis a occupé l' ex-pharmacie du Dr Marie d'ou il distillait des messages trés précis et d'actualité,en arpentant aussi le bord de mer,pour sa séance de marche quotidienne.Ce qui est sûr,c'est qu'il avait du caractère et des convictions immuables ...pour tenir plus de 50 ans ainsi:un pur et dur,Soussi de souche.Il avait peut-être trouvé en les mouettes plus de gratitude que dans les hommes et avec elles quelques moments de tendresse qui devait lui manquer dans son isoloir de magasin.Allah Irehmou!encore un de ces illustres humbles qui nous ont marqué mais qui n' aurait pas souhaité avoir de statue(comme le préconise Hifad) tellement il était "remonté"contre ses bourreaux.
Voilà,c'était juste pour rétablir l'un et l' autre de ces charmeurs de mouettes dans l'ordre quant à leur rapport ç celles-ci.
Et le Seigneur des chats vous le connaissez?...à vos claviers!
Salut à tous
Je suis tout à fait d’accord avec notre ami Si Ahmed de l’historique
Sur le charmeur de mouettes car il a été très précis dans son écrits, au millimètre et gramme près. C’est un souvenir d’enfance qui est gravé dans les mémoires de cette époque, tout ce que je peux ajouter dans cela c’est que le plat préféré des mouettes distribué par notre cuisinier du chalet de Woisnard ce sont les peaux de soles. Merci si Ahmed des précisions
Invité- Invité
Si Brahim Sif Daoula,
bonsoir,
Je crois qu'il y a une petite confusion et il faut rendre à César ce qui lui appartient.Le premier individu à avoir approché ou charmé les mouettes n' est pas ce défunt monsieur mais bien un employé de cuisine de chez Hoisnard au restaurant de la plage,il évidait les poissons et allait chaque jour jeter leurs "boyaux" aux mouettes exactement face au Derbouz,c'était un rituel quotidien et les mouettes l' attendaient patiemment et dès qu'il déscendait les marches de devant le restaurant donnant sur la plage,c'était un carousel de mouettes qui lui tournaient autour et personne n'osait perturber ce cérémonial au point que c'était devenu un rendez-vous à ne pas manquer.Ce monsieur travaillait aussi au marché du poisson à Souk Leghzel aprés la mort de Hoisnard.Son remplaçant a parait-il continué d'en faire autant jusqu' à L'avènement de "Da Brahim" pour vous et Sif Daoula pour notre génération.Je le connaissais bien,il avait 3 autres frères,l' un a Souk Ouakka(juste avant la rue des bijoutiers)le deuxième,Ali, tenait un commerce entre Laattarines et les WC de jamaa Ben Youssef,le troisième,Abd était épicier au Mellah Lekdim(à côté du tabac à l' entrée de Derb Sandillon.Comme l' a souligné Hifad,Da Brahim a été dépossédé de ses économies et molesté dans son magasin de Lhaddada,j'ai même "hérité" de sa Taguia avec laquelle j'avais jonglé jusqu'au Derbouz pour la jeter à la mer, en toute insouciance(je ne cite pas ses tortionnaires,ça ne sert à rien de remuer...).Depuis ,il s'était enfermé dans son magasin d'abord,puis a occupé l' ex-pharmacie du Dr Marie d'ou il distillait des messages trés précis et d'actualité,en arpentant aussi le bord de mer,pour sa séance de marche quotidienne.Ce qui est sûr,c'est qu'il avait du caractère et des convictions immuables ...pour tenir plus de 50 ans ainsi:un pur et dur,Soussi de souche.Il avait peut-être trouvé en les mouettes plus de gratitude que dans les hommes et avec elles quelques moments de tendresse qui devait lui manquer dans son isoloir de magasin.Allah Irehmou!encore un de ces illustres humbles qui nous ont marqué mais qui n' aurait pas souhaité avoir de statue(comme le préconise Hifad) tellement il était "remonté"contre ses bourreaux.
Voilà,c'était juste pour rétablir l'un et l' autre de ces charmeurs de mouettes dans l'ordre quant à leur rapport ç celles-ci.
Et le Seigneur des chats vous le connaissez?...à vos claviers!
Je crois qu'il y a une petite confusion et il faut rendre à César ce qui lui appartient.Le premier individu à avoir approché ou charmé les mouettes n' est pas ce défunt monsieur mais bien un employé de cuisine de chez Hoisnard au restaurant de la plage,il évidait les poissons et allait chaque jour jeter leurs "boyaux" aux mouettes exactement face au Derbouz,c'était un rituel quotidien et les mouettes l' attendaient patiemment et dès qu'il déscendait les marches de devant le restaurant donnant sur la plage,c'était un carousel de mouettes qui lui tournaient autour et personne n'osait perturber ce cérémonial au point que c'était devenu un rendez-vous à ne pas manquer.Ce monsieur travaillait aussi au marché du poisson à Souk Leghzel aprés la mort de Hoisnard.Son remplaçant a parait-il continué d'en faire autant jusqu' à L'avènement de "Da Brahim" pour vous et Sif Daoula pour notre génération.Je le connaissais bien,il avait 3 autres frères,l' un a Souk Ouakka(juste avant la rue des bijoutiers)le deuxième,Ali, tenait un commerce entre Laattarines et les WC de jamaa Ben Youssef,le troisième,Abd était épicier au Mellah Lekdim(à côté du tabac à l' entrée de Derb Sandillon.Comme l' a souligné Hifad,Da Brahim a été dépossédé de ses économies et molesté dans son magasin de Lhaddada,j'ai même "hérité" de sa Taguia avec laquelle j'avais jonglé jusqu'au Derbouz pour la jeter à la mer, en toute insouciance(je ne cite pas ses tortionnaires,ça ne sert à rien de remuer...).Depuis ,il s'était enfermé dans son magasin d'abord,puis a occupé l' ex-pharmacie du Dr Marie d'ou il distillait des messages trés précis et d'actualité,en arpentant aussi le bord de mer,pour sa séance de marche quotidienne.Ce qui est sûr,c'est qu'il avait du caractère et des convictions immuables ...pour tenir plus de 50 ans ainsi:un pur et dur,Soussi de souche.Il avait peut-être trouvé en les mouettes plus de gratitude que dans les hommes et avec elles quelques moments de tendresse qui devait lui manquer dans son isoloir de magasin.Allah Irehmou!encore un de ces illustres humbles qui nous ont marqué mais qui n' aurait pas souhaité avoir de statue(comme le préconise Hifad) tellement il était "remonté"contre ses bourreaux.
Voilà,c'était juste pour rétablir l'un et l' autre de ces charmeurs de mouettes dans l'ordre quant à leur rapport ç celles-ci.
Et le Seigneur des chats vous le connaissez?...à vos claviers!
Invité- Invité
Le port, refuge de Ba Brahim
Lieu d’évasion, note de musique que chacun porte en soi. A son contact, la nostalgie s’exalte, la cicatrice s’ouvre et nous voilà submergés de souvenirs enfouis dans ses profondeurs.
Lieu où l’on redevient enfant, où l’on retrouve ses vieux rêves de châteaux enchantés suspendus. Lieu où chaque mot prononcé tisse une leçon de choses, trame des fables qu’aucun embrun n’efface. Lieu qui nous plonge dans une douleur douce et étrange qu’accentue l’ampleur du ciel, l’architecture des nuages et l’odeur des algues.
Quand paraît à l’horizon un bateau portant une masse couleur d’albâtre, grouillante et volante, vous arrive-t-il de vous souvenir de Raïs Ba Brahim, semeur de poèmes et dresseur de mouettes ?
Devant cette vision incertaine, mon masque d’adulte tombe et laisse palce à mon cœur d’enfant qui se souvient alors, et chante les contes errants que fredonnait Ba Brahim quand il rentrait de sa longue nuit de pêche. Sur le quai, je le revois, homme au fier profil de marin antique. Devenu ravaudeur, il travaille au milieu des filets géants donnant l’impression de se débattre dans un piège inextricable. Pièges inextricables, Ba Brahim les a connus et consommés jusqu’à la lie. Aujourd’hui s’en faire, il n’a plus raison. Il a renoncé à ce monde où tout est vain pour s’exiler dans ses souvenances et parler en ses vieux jours aux mouettes de ses amours défuntes.
Comme la pieuvre qui se nourrit de l’une de ses tentacules, quand la mer se fait loup et que le ciel crie orage, Ba Brahim arrache à sa mémoire des fragments de souvenirs pour survivre à ses meurtrissures et à ses blessures nécrosées.
Lorsque le soir, le port frissonnant se couvre d’un reste de soleil couchant et s’en dort paisible, Ba Brahim dans les cales d’un bateau somnole, légèrement bercé par la houle et s’étire voluptueusement. Le monde extérieur ne l’atteindra plus. A l’abri dans son cocon où il restera en gestation toute une nuit, d’instinct comme un retour aux sources, il prend une position fœtale et s’immobilise sous le poids de ses rêves. Dans ses songes, il est prince des hautes mers et ses vaisseaux pourfendent les vagues écumantes et rugissantes pour aller accoster sur les îles des arcs-en-ciel, royaume de son enfance où il fera de nouveau lumière.
Les mouettes, ses compagnes du jour, tournoient une dernière fois sous un ciel livide, saluent ce petit joyau de légende et en vigilantes sentinelles se posent sur des tourelles blêmes pour écouter la mer couleur d’airain chanter jusqu’au clair sourire du matin les élégies de Ba Brahim
Feue Aïcha AMARA
Lieu où l’on redevient enfant, où l’on retrouve ses vieux rêves de châteaux enchantés suspendus. Lieu où chaque mot prononcé tisse une leçon de choses, trame des fables qu’aucun embrun n’efface. Lieu qui nous plonge dans une douleur douce et étrange qu’accentue l’ampleur du ciel, l’architecture des nuages et l’odeur des algues.
Quand paraît à l’horizon un bateau portant une masse couleur d’albâtre, grouillante et volante, vous arrive-t-il de vous souvenir de Raïs Ba Brahim, semeur de poèmes et dresseur de mouettes ?
Devant cette vision incertaine, mon masque d’adulte tombe et laisse palce à mon cœur d’enfant qui se souvient alors, et chante les contes errants que fredonnait Ba Brahim quand il rentrait de sa longue nuit de pêche. Sur le quai, je le revois, homme au fier profil de marin antique. Devenu ravaudeur, il travaille au milieu des filets géants donnant l’impression de se débattre dans un piège inextricable. Pièges inextricables, Ba Brahim les a connus et consommés jusqu’à la lie. Aujourd’hui s’en faire, il n’a plus raison. Il a renoncé à ce monde où tout est vain pour s’exiler dans ses souvenances et parler en ses vieux jours aux mouettes de ses amours défuntes.
Comme la pieuvre qui se nourrit de l’une de ses tentacules, quand la mer se fait loup et que le ciel crie orage, Ba Brahim arrache à sa mémoire des fragments de souvenirs pour survivre à ses meurtrissures et à ses blessures nécrosées.
Lorsque le soir, le port frissonnant se couvre d’un reste de soleil couchant et s’en dort paisible, Ba Brahim dans les cales d’un bateau somnole, légèrement bercé par la houle et s’étire voluptueusement. Le monde extérieur ne l’atteindra plus. A l’abri dans son cocon où il restera en gestation toute une nuit, d’instinct comme un retour aux sources, il prend une position fœtale et s’immobilise sous le poids de ses rêves. Dans ses songes, il est prince des hautes mers et ses vaisseaux pourfendent les vagues écumantes et rugissantes pour aller accoster sur les îles des arcs-en-ciel, royaume de son enfance où il fera de nouveau lumière.
Les mouettes, ses compagnes du jour, tournoient une dernière fois sous un ciel livide, saluent ce petit joyau de légende et en vigilantes sentinelles se posent sur des tourelles blêmes pour écouter la mer couleur d’airain chanter jusqu’au clair sourire du matin les élégies de Ba Brahim
Feue Aïcha AMARA
Invité- Invité
Re: Le charmeur de mouettes
Ce texte émouvant qui parle d'une mère berbère morte à Mogador , écrit par ce fils venu de si loin lui rendre un dernier adieu et qui se dit le disciple de Da Ibrahim , le charmeur des mouettes , coïncide justement avec l'annonce de la mort de ce fameux charmeur de mouettes célèbre , que j'ai apprise ce matin par un ami et passée inaperçue il y a bien longtemps .Charmeur pour cet homme de droit , Majdoub pour Edmond Imrane El Malih et Da Ibrahim pour nous , qui a perdu la raison depuis que de soi-disant résistants lui ont pris tout son argent le traitant de traitre , monnaie courante à l'époque du protectorat , marié avec une femme hippie dans les années soixante et qui n'a cessé d'annoncer tous les grands événements sur la vitrine de son magasin constamment laissé entr'ouvert à Mellah laqdim.Les mouettes de la ville sont les seules à l'avoir pleuré en plein ciel bleu de Mogador , lui qui mérite d'avoir sa statue avec une mouette entre les mains en plein casbah ou avoir un institut d'écologie qui porte son nom à Mogador.Adieu Da Ibrahim et saches que nous finirons tous comme toi , insignifiants pour les autres , venus et partis inaperçus !
_________________
Amazighement,Mohammed Hifad
Le charmeur de mouettes
Le charmeur
de mouettes
Il n’est venu de si loin, de la France d’exil, que pour enterrer sa mère à Mogador où, Berbère, elle était née. Où, peut-être, elle l’avait engendré, lui, l’enfant sans père, le fils du vent, le bâtard. Avocat, spécialiste de droit international, il devrait très vite rentrer à Paris, y retrouver les farces dérisoires de la justice, mais dans le labyrinthe des ruelles serrées de Mogador, il s’enlise, s’englue jusqu’à devenir le disciple de Si Mohand, charmeur de mouettes et de goélands, qui arpente la casbah et nourrit les oiseaux.
« J’étais sur le point de quitter Mogador, Si Mohand, sans l’avoir vraiment connue, quand je vous ai vu pour la première fois. Vous étiez sur le front de mer, en tenue de muezzin, vêtu de la longue tunique noire qui vous tombe aux chevilles. […] Vous brandissiez un bâton en poussant des cris. Un premier goéland s’est présenté, suivi d’une mouette, et en quelques minutes, vous étiez entouré d’oiseaux. Ils affluaient de toutes parts, répondant à vos appels. Il en était même pour se poser sur vos épaules, arrachant de vos mains les viscères de poissons que vous leur tendiez. »
Revue de Presse
de mouettes
Il n’est venu de si loin, de la France d’exil, que pour enterrer sa mère à Mogador où, Berbère, elle était née. Où, peut-être, elle l’avait engendré, lui, l’enfant sans père, le fils du vent, le bâtard. Avocat, spécialiste de droit international, il devrait très vite rentrer à Paris, y retrouver les farces dérisoires de la justice, mais dans le labyrinthe des ruelles serrées de Mogador, il s’enlise, s’englue jusqu’à devenir le disciple de Si Mohand, charmeur de mouettes et de goélands, qui arpente la casbah et nourrit les oiseaux.
« J’étais sur le point de quitter Mogador, Si Mohand, sans l’avoir vraiment connue, quand je vous ai vu pour la première fois. Vous étiez sur le front de mer, en tenue de muezzin, vêtu de la longue tunique noire qui vous tombe aux chevilles. […] Vous brandissiez un bâton en poussant des cris. Un premier goéland s’est présenté, suivi d’une mouette, et en quelques minutes, vous étiez entouré d’oiseaux. Ils affluaient de toutes parts, répondant à vos appels. Il en était même pour se poser sur vos épaules, arrachant de vos mains les viscères de poissons que vous leur tendiez. »
Revue de Presse
Dernière édition par ibrahim le Mar 12 Oct - 20:19, édité 1 fois
Invité- Invité
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